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Mon dernier cheveu noir de Jean - Louis Fournier

Encore un livre que j'ai bien aimé, ce n'est pas le premier de cet auteur, j'avais déjà versé plein de larme en lisant où on va papa. Je vais chercher ce qu'il à écrit d'autre !
Un extrait :
Quand on est petit, on adore les toboggans.
Comme les marches sont trop hautes, on est pas capable d'atteindre le haut du toboggan tout seul, on pleur pour qu'on nous y monte.
Quand on est là haut, on est au ciel, près du bonheur. On regarde la grande rampe en bois ciré ou en métal brillant. On a un peu peur, mais il y a papa et maman qui nous attendent en bas. On imagine la descente et, surtout, l'arrivée, dans le sable ou dans l'eau.
Après, on pleure, pour qu'on nous y remonte tout de suite.
Quand on grandit, on monte tout seul en haut du toboggan, on descend des centaines de fois, sans lassitude.
Cinquante ans plus tard, je suis arrivé en haut du toboggan, beaucoup plus haut, celui là. cette fois j'ai plus trop envie de ma laisser glisser. J'aime mieux ne pas imaginer la descente. J'ai la trouille de partir les pieds devant. Je ne devrais pas. Peut être que mes parents, descendus avant moi, m'attendent en bas.

Un peu de lecture.... La femme du monstre

Un bouquin que j'ai lu il y a quelques mois et qui m'a pas mal plut. Je viens de m'en souvenir grâce au site d'une librairie en ligne : la griffe noire. Et j'y suis arrivé en cherchant un livre que j'ai envie de lire depuis un bon moment : 1942 convoi n°8. J'ai entendu Gérard Collard en parler au Journal de la santé, d'ailleurs sur le site de cette librairie on peut trouver sa liste de coup de cœur, c'est trop cool !

Dans les bois eternels...

C'est le livre de Fred Vargas que je viens de finir. Et j'ai beaucoup aimé ! C'est son premier livre que je lis, l'histoire est prenante, je n'ai eu aucun mal à entrer dans son univers et j'étais triste d'en sortir. Les personnages sont attachants, surtout le commissaire Adamsberg, un drôle de type...

Et puis j'ai même appris des trucs (c'est un roman, je ne suis pas sure de la véracité de ces trucs, il faudrait vérifier...) :
- il y a un os dans le cœur du cerf, qui aurait une forme de croix
- il y a un os dans le groin du cochon
- il y a un os dans le pénis de certains mammifères (pas l'humain hein !), surtout les carnivores. Surprenant non ?

Et pour conclure, un petit extrait : " Des fois, ça me gratte. Ça me gratte sur mon bras manquant, soixante-neuf ans plus tard. À un endroit bien précis, toujours le même, dit le vieux. Ma mère savait pourquoi : c'est la piqûre de l'araignée. Quand mon bras est parti, je n'avais pas fini de la gratter. Alors elle me démange toujours. C'est tout simple, c'est que le sentiment n'a pas fini sa vie. Et si on meurt ; avant d'avoir fini de vivre, c'est pareil. Les assassinés continuent à traîner dans le vide, des engeances qui viennent nous démanger sans cesse."

Poésie...

Hier nuit je n'arrivais pas à dormir, pour m'occuper sans bouger du lit et sans allumer la lumière, je me suis récité des poèmes, d'où l'avantage d'en connaitre quelques uns par cœur ! (ça peut aussi aider dans elixir, pour ceux qui connaissent...)
Du coup je me suis dit que j'allais les noter ici, au cas où je perds la mémoire un jour et puis ça me permettra de réviser les deux trois que je ne connais pas encore en entier... Aller hop, c'est parti !

La première récitation que j'ai appris au CP, surement en septembre 1985...
Bestiaire du coquillage - Claude Roy
Si tu trouves sur la plage
un très joli coquillage
compose le numéro
OCÉAN O.O
Et l’oreille à l’appareil
la mer te racontera
dans sa langue des merveilles
que papa te traduira.
Toujours l'école primaire :
Pour faire le portrait d'un oiseau - Jacques Prévert
Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger ...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.
Le Corbeau et le renard - Jean De la Fontaine
Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. "
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
La suite doit plutôt dater du collège
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne - Victor Hugo
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Je me souviens que quand j'apprenais mes récitations,ma maman pour m'aider faisais des petits dessins sur une feuille, à la manière d'un rébus.Et ça marchait super bien, j'ai toujours était forte en récitation, la preuve, je les connais toujours !
Ma Bohème - Arthur Rimbaud
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées

Mon paletot aussi devenait idéal

J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal

Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.

- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur
Puis le lycée...
Le Dormeur du Val - Arthur Rimbaud
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

L'albatros - Charles Baudelaire
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher

Le ciel est, par-dessus le toit... - Paul Verlaine
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
Et puis celui là était afficher dans les toilettes de ma grand mère, il y avait avec un tableau de Monet... :
Le bonheur est dans le pré - Paul Fort
Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.
Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer.
Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.
Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.
Dans l’ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite,
dans l’ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.
Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite,
sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.
Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite,
sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.
De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite,
de pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.
Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite.
Saute par-dessus la haie, cours-y vite ! Il a filé !

C'est bien vrai...

Un petit dessin de Charb, paru dans Fluide Glacial

J'avance !

En ce moment je lis ce pavé... Ça se lit très vite, j'en suis à la moitié, mais je dois avoir fini le 11 juillet, et avec les travaux qui me prennent tout mon temps je ne sais pas si je vais y arriver ! Vous avez reconnu ? C'est la suite des yeux jaunes des crocodiles, de Katherine Pancol. Depuis le temps que je l'attendais !

Haïku

Le voleur m'a tout pris
Hormis la lune
Qui était à ma fenêtre.

Le moine Ryôkan (1757-1831 Japon) - photo de George F. Mobley

Petit clin d'oeil littéraire

" Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.Avec cette pleine puissance,en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France,de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.Dieu sait pourtant que le Président se démène :il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvantcréer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'estle mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangèreest un carriériste avantageux.Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce quibrille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent,l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il fautqu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petitet qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il estimpossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On yajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit aunez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celuidu galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ".
Et vous savez de qui c'est ????
Victor Hugo ! Dans "Napoléon, le petit"

Ma grand-mère avait les mêmes

Je viens de finir ce livre de Philippe Delerm ; j'ai beaucoup aimé, j'ai même parfois rigolé, dommage qu'il soit si court ! Seulement 94 pages... j'aurais du ne lire qu'un paragraphe par jour...
Comme dans la première gorgée de bière, il raconte des petits moment de vie mais en partant d'expression qu'on a tous déjà entendu : ma grand-mère avait les mêmes - y'a un peu plus, je laisse ? - j'ai moins huit su'l'plateau - c'est pas vrai ! - ...

C'est très vrai tout ça !